- Bonjour ....
- Bonjour.
- Tu ne me dis pas bonjour ?
- Je viens de te dire bonjour.
- Je veux dire... tu ne m'embrasses pas ?
- Non, pas aujourd'hui.
- Ah. Pas aujourd'hui...
- Et ne me regarde pas avec cet air, je t'en supplie. Je ne supporte plus tes regards suppliants et ambigus. Ils me détruisent.
- Mais qu'est-ce que tu as, subitement ?
- Subitement. C'est justement là le problème. Ce n'est pas subitement du tout. Ca fait des semaines, des mois, peut-être une éternité que tes regards me pèsent. Qu'ils me donnent la nausée, qu'ils me font me détester plus encore... je suis fatiguée, maintenant. Laisse-moi tranquille.
- ...
- Ne prends pas cet air ahuri de celui qui ne comprend pas, ça me désespère. Je suis tellement dégoûtée, tellement repue, que j'ai l'impression que le moindre des tes mouvements va me faire vomir. Je t'ai trop vu, je t'ai trop regardé. Je n'en peux plus, maintenant.
- Mais... pourquoi tu me dis ça ? Pourquoi tu me dis ça ?
- Tu le sais pertinemment, pourquoi je dis ça. Tu le sais d'ailleurs mieux que quiconque. Tu m'éc½ures, je t'abhorre, je t'exècre, toi et tous tes soupirs blasés, toi et tous tes gestes, qu'ils soient beaux, qu'ils soient laids. Je ne peux plus les supporter.
- Enfin, mais, tu ne peux pas être sérieuse ?
- Si, je le suis. Et ne m'en veux pas si j'échappe quelque rire narquois. Ca me pesait trop, j'ai l'impression qu'un poids s'envole.
- Je t'aime ?!
- Oui, tu m'aimes. Et je t'ai aimé...
- Tu m'as aimé ? Tu ne m'aimes plus ?
- Non, je ne t'aime plus. Je ne peux plus te voir, tout ce qui te touche de près ou de loin m'horripile, me dégoûte. Et pourtant, je t'ai aimé. Comme je t'ai aimé... j'étais emplie d'une passion débordante, je ne voyais que toi, tu étais mon horizon et mon point de départ, mon jour et ma nuit, mes rayons et mes ombres. Tu étais tout. Je me nourrissais de toi, je te voyais évoluer dans une lumière aveuglante, et tout ce que je pouvais voir, c'était ton reflet qui me l'imposait. Je ne regardais rien avant toi, je ne vivais que par toi. J'avais envie d'embrasser tes yeux, j'avais envie de t'entendre respirer, j'avais envie de vivre sans cesse en toi. Tu étais mon rêve et ma réalité. Mes chimères et ma conscience.
- Pourquoi ? Pourquoi tu me dis ça, maintenant, à moi ?
- Parce que je t'ai trop regardé. Je me suis abreuvée de ta vie, de ton corps, de ton être. J'ai vécu avec toi, parce que tu étais tout. Maintenant, je pars.
-Tu ne peux pas partir comme ça. Tu ne peux pas partir comme ça !
- Bien sûr que si, je le peux. C'est ce que je vais faire. Ne serait-ce que te regarder... un seul petit regard, et déjà, tu me répugnes.
- Mais je n'ai rien fait. Je n'ai rien fait qui puisse te faire dire ça...
- Non, tu n'as rien fait. Evidemment. Mais ta lumière s'est estompée, s'est évadée. Pendant des années, je n'ai vu que toi. Je n'en peux plus. Tu me dégoûtes. Chaque image de toi m'éc½ure plus encore. J'ai l'impression de n'avoir vu que toi toujours, j'ai l'impression d'étouffer de toi. Ce n'est pas de ta faute, c'est juste comme ça. Tu n'as rien fait de mal. Tu as juste été.
- Je t'aime. Je t'aime, et si tu pars, je suis capable de sauter par cette fenêtre, dans l'air glacial, je suis capable de mourir, si tu pars. Si tu pars, je ne survis pas.
- Tu ne sauteras jamais, voyons. Je te connais plus encore que toi-même. Arrête, tu es ridicule, à regarder cette fenêtre comme si c'était un révolver. Tu ne sauteras pas. Tu m'aimes, mais tu ne sauteras pas.
- C'est vrai, je ne sauterai pas... mais je peux ... je peux changer ! Je peux devenir différente, je peux m'efforcer de devenir un autre moi, pour toi.
- J'ai aimé ton moi. Seulement désormais, il me dégoûte, et je l'exècre. Je ne veux pas que tu changes de vie, que tu changes de toi. Ca ne changerait rien. Je t'ai trop vu, je ne te supporte plus. S'il te plaît, reste ici. Je fais ma valise. Et je m'en vais.
- Pourquoi tu ne t'énerves pas ? Pourquoi tu n'es même pas furieuse, même pas excédée ? Tu me débites les pires horreurs avec un calme cynique et épouvantable. J'ai l'impression d'entendre des cris étouffés.
- Pourquoi m'énerverais-je ? Je te déteste, et je déteste ton image, c'est tout.
- ...
- Et ne pleure pas. Si tu étais vraiment amoureux de moi, tu ne me croirais même pas. Tu penserais que je reviendrais. Je ne reviendrai pas. Je t'ai aimé, crois-moi. Je ne te dis pas au revoir, parce que je ne te reverrai jamais. Je ferai tout pour t'éviter. Et c'est la dernière fois que tu me regardes. Ne m'en veux pas...
La porte s'est lentement refermée.
- Bonjour.
- Tu ne me dis pas bonjour ?
- Je viens de te dire bonjour.
- Je veux dire... tu ne m'embrasses pas ?
- Non, pas aujourd'hui.
- Ah. Pas aujourd'hui...
- Et ne me regarde pas avec cet air, je t'en supplie. Je ne supporte plus tes regards suppliants et ambigus. Ils me détruisent.
- Mais qu'est-ce que tu as, subitement ?
- Subitement. C'est justement là le problème. Ce n'est pas subitement du tout. Ca fait des semaines, des mois, peut-être une éternité que tes regards me pèsent. Qu'ils me donnent la nausée, qu'ils me font me détester plus encore... je suis fatiguée, maintenant. Laisse-moi tranquille.
- ...
- Ne prends pas cet air ahuri de celui qui ne comprend pas, ça me désespère. Je suis tellement dégoûtée, tellement repue, que j'ai l'impression que le moindre des tes mouvements va me faire vomir. Je t'ai trop vu, je t'ai trop regardé. Je n'en peux plus, maintenant.
- Mais... pourquoi tu me dis ça ? Pourquoi tu me dis ça ?
- Tu le sais pertinemment, pourquoi je dis ça. Tu le sais d'ailleurs mieux que quiconque. Tu m'éc½ures, je t'abhorre, je t'exècre, toi et tous tes soupirs blasés, toi et tous tes gestes, qu'ils soient beaux, qu'ils soient laids. Je ne peux plus les supporter.
- Enfin, mais, tu ne peux pas être sérieuse ?
- Si, je le suis. Et ne m'en veux pas si j'échappe quelque rire narquois. Ca me pesait trop, j'ai l'impression qu'un poids s'envole.
- Je t'aime ?!
- Oui, tu m'aimes. Et je t'ai aimé...
- Tu m'as aimé ? Tu ne m'aimes plus ?
- Non, je ne t'aime plus. Je ne peux plus te voir, tout ce qui te touche de près ou de loin m'horripile, me dégoûte. Et pourtant, je t'ai aimé. Comme je t'ai aimé... j'étais emplie d'une passion débordante, je ne voyais que toi, tu étais mon horizon et mon point de départ, mon jour et ma nuit, mes rayons et mes ombres. Tu étais tout. Je me nourrissais de toi, je te voyais évoluer dans une lumière aveuglante, et tout ce que je pouvais voir, c'était ton reflet qui me l'imposait. Je ne regardais rien avant toi, je ne vivais que par toi. J'avais envie d'embrasser tes yeux, j'avais envie de t'entendre respirer, j'avais envie de vivre sans cesse en toi. Tu étais mon rêve et ma réalité. Mes chimères et ma conscience.
- Pourquoi ? Pourquoi tu me dis ça, maintenant, à moi ?
- Parce que je t'ai trop regardé. Je me suis abreuvée de ta vie, de ton corps, de ton être. J'ai vécu avec toi, parce que tu étais tout. Maintenant, je pars.
-Tu ne peux pas partir comme ça. Tu ne peux pas partir comme ça !
- Bien sûr que si, je le peux. C'est ce que je vais faire. Ne serait-ce que te regarder... un seul petit regard, et déjà, tu me répugnes.
- Mais je n'ai rien fait. Je n'ai rien fait qui puisse te faire dire ça...
- Non, tu n'as rien fait. Evidemment. Mais ta lumière s'est estompée, s'est évadée. Pendant des années, je n'ai vu que toi. Je n'en peux plus. Tu me dégoûtes. Chaque image de toi m'éc½ure plus encore. J'ai l'impression de n'avoir vu que toi toujours, j'ai l'impression d'étouffer de toi. Ce n'est pas de ta faute, c'est juste comme ça. Tu n'as rien fait de mal. Tu as juste été.
- Je t'aime. Je t'aime, et si tu pars, je suis capable de sauter par cette fenêtre, dans l'air glacial, je suis capable de mourir, si tu pars. Si tu pars, je ne survis pas.
- Tu ne sauteras jamais, voyons. Je te connais plus encore que toi-même. Arrête, tu es ridicule, à regarder cette fenêtre comme si c'était un révolver. Tu ne sauteras pas. Tu m'aimes, mais tu ne sauteras pas.
- C'est vrai, je ne sauterai pas... mais je peux ... je peux changer ! Je peux devenir différente, je peux m'efforcer de devenir un autre moi, pour toi.
- J'ai aimé ton moi. Seulement désormais, il me dégoûte, et je l'exècre. Je ne veux pas que tu changes de vie, que tu changes de toi. Ca ne changerait rien. Je t'ai trop vu, je ne te supporte plus. S'il te plaît, reste ici. Je fais ma valise. Et je m'en vais.
- Pourquoi tu ne t'énerves pas ? Pourquoi tu n'es même pas furieuse, même pas excédée ? Tu me débites les pires horreurs avec un calme cynique et épouvantable. J'ai l'impression d'entendre des cris étouffés.
- Pourquoi m'énerverais-je ? Je te déteste, et je déteste ton image, c'est tout.
- ...
- Et ne pleure pas. Si tu étais vraiment amoureux de moi, tu ne me croirais même pas. Tu penserais que je reviendrais. Je ne reviendrai pas. Je t'ai aimé, crois-moi. Je ne te dis pas au revoir, parce que je ne te reverrai jamais. Je ferai tout pour t'éviter. Et c'est la dernière fois que tu me regardes. Ne m'en veux pas...
La porte s'est lentement refermée.